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USSS : “C’est le rugby qu’on dénature !”




“C’est le rugby qu’on dénature !” DDMugby à XV






Publié le 31/05/2020 



Ici, le Racing Club Narbonnais a plié. Cette année, c’est le leader Albi qui a rendu les armes sur cette même terre. Ici, c’est Gaston Sauret ! Ce nom ne vous dit peut-être rien mais pour tout amateur de rugby de la région toulousaine, le stade Gaston Sauret est une citadelle imprenable, une forteresse cauchemardesque pour les cadors de la Fédérale 1, la troisième division du rugby. Ici, c’est l’Union sportive Saint-Sulpicienne (USSS), à Saint-Sulpice-sur-Lèze. Les dimanches de match, plus d’un tiers de la population se masse autour de l’enceinte, agrippée aux balustrades, juchée dans les tribunes haranguant leur équipe préférée qui se sublime et fait corps avec son public. Le Petit Poucet au grand cœur, plus que centenaire, met au supplice les plus grands dans ce chaudron de la vallée de la Lèze, véritable village gaulois du rugby amateur. C’est le rugby des clochers. Celui des campagnes, entre l’église et le moulin de Pesquies, où les supporters ivres de joie raccompagnent, à la fin du match, jusque dans les vestiaires, les courageux belluaires épuisés, souillés de boue mais fiers d’avoir laissé les tripes sur le champ de bataille. « Le rouge du cœur, le vert de l’espoir ». La devise du club est un peu le « you’ll never walk alone » du FC- Liverpool.

Mais à « Saint-Sulp », où le cœur de ce village de 2 340 habitants, au sud de Toulouse, est ovale, la vie s’est un peu arrêtée. La faute à ce satané virus qui a stoppé net l’élan flamboyant des Rouge et Vert – cinquième de Fédérale 1, qualifiable pour les phases finales – et douché l’enthousiasme des passionnés. En attendant la reprise espérée en septembre, « on poste des photos de matchs sur Facebook pour se remettre dans l’ambiance », raconte l’une des figures historiques du club, André Plantié, 77 ans. « Le club était qualifié pour le challenge Du Manoir et la saison était pourtant très belle ! », souffle cet ex-joueur et entraîneur de « Saint-Sulp ». Comme lui, ils sont des centaines à avoir remisé les drapeaux. La mort dans l’âme. Le volcan Rouge et Vert réduit au silence. Dans le club house, les fidèles sont là, autour du coprésident Pierre Sardella. Les drapeaux tapissent les murs, les photos souvenirs d’avant-guerre ornent les locaux dédiés à la gloire des prestigieux aînés. Une photo géante illustre le principal fait d’arme du club : un titre de vicechampion de France de Fédérale 2, en 2012. Finale perdue à Béziers contre Vienne, après prolongations. « Inoubliable ! », assure André. À l’entrée du stade on a gardé l’affiche annonçant la rencontre USSS/Graulhet du 15 mars. Le match n’a pas eu lieu. La suite on la connaît.

Alors on se retrouve autour d’un café, évoquant les souvenirs, face aux nouvelles tribunes inaugurées en 2013 et pouvant accueillir plus de 500 spectateurs. « Il y avait Pierre Camou, président de la fédération française de rugby, à l’époque, qui est venu couper le ruban », se souvient Pierre Sardella. Contre toute attente, L’USSS poursuit sa sixième année consécutive en Fédérale 1. La recette ? « L’amour, la passion, la formation des jeunes, résume le coprésident. On essaie de promouvoir les jeunes, de construire un vrai projet sportif au niveau des cadets et minimes avec l’aide de Victor Labat qui coach l’équipe 1 avec Olivier Argentin ».

Budget de 500 000€

L’année prochaine, l’équipe s’enrichit de 12 nouvelles recrues pour 5 départs. Un deuxième ligne de Villefranche-de-Lauragais et un demi d’ouverture de l’Isle Jourdain sont attendus à Gaston Sauret. Le club a un autre atout : un partenaire d’envergure, le groupe Rouzès, spécialisé dans les aménagements de bureau. Un soutien financier de poids qui s’ajoute à l’aide publique (mairie et collectivités) représentant 10 % du budget. La billetterie, buvette et autres complètent un budget minime de 500 000€. Loin des 27 millions d’€ représentant le budget moyen des clubs du Top 14. L’argent ne fait pas tout. Ici plus qu’ailleurs, les valeurs du rugby sont dans l’ADN de ce village. « Ce sport est le seul sport collectif de la commune. Les gens viennent des villages de la Lèze pour encourager l’équipe. Dans une même famille, il n’est pas rare de voir trois générations qui ont porté les couleurs du club. C’est cet esprit qui explique aussi la ferveur et la fidélité à nos valeurs », ajoute Pierre Sardella. Un amour du ballon qui se transmet de père en fils depuis 1912, date de création du club. Depuis deux mois et l’arrêt du championnat, les journées sont longues. Les dirigeants ont les yeux tournés vers la saison prochaine. L’équipe 1 reprend l’entraînement par petits groupes à partir du 2 juin. Une remise en forme sans ballon avant d’étudier les nouveaux protocoles sanitaires qui font déjà polémique. « On nous demande moins de mêlées, de changer les maillots à la mi-temps, de restreindre le nombre de joueurs dans les rucks et d’avoir une bouteille d’eau par joueur et à son nom… c’est un peu le rugby qu’on dénature ! », pestent les anciens, craignant d’assister à une parodie de rugby tous les dimanches.Mais peu importe, à « SaintSulp », on s’adapte. Quand le rugby s’arrête, la passion prend le dessus. Avec ou sans mêlées, « on a toujours inquiété les meilleurs! ».



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