On a chanté à Paul-Lignon…Magnifique victoire de l’USSS

Fédérale 1 – Rodez a perdu, hier, sur son terrain, contre Saint-Sulpice-sur-Lèze avec de l’impuissance en fin de rencontre.

Hier, le ciel est tombé sur la tête des joueurs ruthénois, battus par la puissance de Saint-Sulpice./ Photo DDM, Cédric Méravilles
Hier, le ciel est tombé sur la tête des joueurs ruthénois, battus par la puissance de Saint-Sulpice./ Photo DDM, Cédric Méravilles

Les Ruthénois ont raté leur opposition, hier, contre Saint-Sulpice. «Il revient de féliciter notre adversaire qui a proposé un match plein, parfaitement adapté aux conditions météorologiques», reconnaît l’entraîneur aveyronnais Arnaud Vercruysse. Un match parfaitement lancé pour les Hauts-Garonnais lorsque après cinq minutes de jeu, un joueur rouergat commettait un en-avant dans son en-but.

Une faute bête aux conséquences traumatisantes. Saint-Sulpice, sur la mêlée à 5 mètres, ira à l’essai transformé. 0 à 7, le score paralysera les Ruthénois au point de devenir l’ombre de cette équipe flamboyante des semaines passées. «Certes, il y a la pluie qui nous a empêchés de jouer au large à la main mais nous n’avons pas su faire évoluer notre jeu au regard des circonstances». Le président du club ruthénois Jean-Paul Barriac soulignera que «l’on joue aussi au rugby en hiver et nous devons nous adapter à toutes les conditions de jeu». Ce fut le cas de visiteurs puissants, bien organisés proposant au SRA un combat omniprésent auquel ce dernier n’a pas su s’adapter, ni répondre. «On a été défaillants dans le jeu au pied, nous devons réfléchir à faire évoluer notre rugby quitte à revenir à des méthodes moins joueuses mais plus en accord avec les principes de conquête», ajoutera Arnaud Vercruysse. Saint-Sulpice a fait coup double hier en gagnant à Rodez et en plongeant les Aveyronnais dans des doutes fondamentaux. «Nous avions préparé notre match sur la base de vidéos où l’on avait compris que le SRA envoyait du jeu», reconnaîtra le coentraîneur visiteur Denechaud. «On visait la victoire tout en sachant que ce serait difficile. Le temps pluvieux nous a bien aidés et les joueurs ont fait beaucoup d’efforts pour remporter ce match qui nous apporte ces points précieux si rares quand ils sont gagnés à l’extérieur». C’est pourquoi dans les vestiaires de Saint-Sulpice une joie intense régnait et se lisait sur des visages radieux. Bien en opposition avec ceux de Ruthénois rasant les murs et tristes comme ce ciel d’enterrement tombé sur Rodez. «Depuis que j’entraîne ici, c’est le pire match que j’ai vu».

La phrase d’Arnaud Vercruysse résume toute l’étendue de sa frustration et des conséquences qui vont avec. Le SRA ne devait pas jouer les premiers rôles du championnat car non programmé pour cela. Saint-Sulpice s’est découvert, hier, à Rodez, de pouvoir y figurer. En fait, le SRA se retrouve aujourd’hui à combattre en fin de classement avec pour effet de devoir vite gagner. Le prochain déplacement chez le dernier, Fleurance, est en cela des plus déterminants.

Une victoire à Fleurance serait bouffée d’oxygène

Pour y parvenir, Arnaud Vercruysse commençait dès hier par évoquer le besoin de faire évoluer son équipe et de revenir à des aspects tactiques moins joueurs. C’est une remise en cause qui devra tenir compte du fait que l’effectif ruthénois n’a pas la puissance physique du passé. Il semble que le recrutement réalisé a déjà mis en place les fondements d’un rugby de jeu et de mouvement adapté aux hommes et aux moyens. La puissance physique de Saint-Sulpice est devenue hier, au fil des minutes, un mur infranchissable. À force d’avoir réduit son budget depuis quatre ans, le club de Rodez s’est amaigri et a trouvé, dans un jeu de mouvement, l’opportunité de réaliser de bons matchs en début de saison. Une défaite contre Saint-Sulpice, même traumatisante, doit-elle appeler à une révolution du jeu ?


Fiche technique

Au stade Paul-Lignon (dimanche, 15 heures), Saint-Sulpice-sur-Lèze bat Rodez 21 à 14

(Mi-temps : 11-10).

Arbitrage de M. Celaya (Nouvelle-Aquitaine).

2000 spectateurs.

Rodez : E Williams (21e) ; 3 P Baldy-Martin (25e, 30e) et Boscus (70e).

Saint-Sulpice : 2 E Roux (6e, 44e) ; 1 T Boyer (6e) ; 2 P Roquebert (39e, 72e) ; 1 D Boyer (49e).

Rodez : 15. Alonso (22. Chamagne 47e), 24. Williams, 13. Mazet, 12. Bester, 11. Vabret, 10. Baldy-Martin (21. Boscus 50e), 9. Ravanello (20. Chiffre 71e), 8. Tachat, 7. Roca, 6. Jarreau (19. Lallour 60e), 5. Tonga, 4. Tiatia (18. Fromenteze 58e), 3. Dahir (23. Euphrasie 48e), 2. Théron (16. André 55e), 1. Marmoiton (17. Aboitiz 48e).

Cartons jaunes : Théron (37e), Tiatia (42e).

Saint-Sulpice : 15. Gardey, 14. Vaysse, 13. Ferre (22. Pit 75e), 12. Roquebert, 11. Beilles, 10. Boyer, 9. Latapie (20. Dejean 63e), 8. Bonaldo, 7. Fourthies, 6. Salis (19. Cabot 54e), 5. Faure (18. Du Preez 58e), 4. Saux, 3. Roux (23. Dufour 64e), 2. Meneghel (16. Caujolle 63e), 1. Aka (17. Bedel 54e).

Carton jaune : Boyer (29e), Bedel (69e).

évolution du score : 0-7 ; 5-7, 8-7, 11-7, 11-10, 11-15, 11-18, 14-18, 14-21.


Les réactions

Arnaud Vercruysse

(entraîneur de Rodez)

Il n’est pas acceptable de ne pas appliquer les fondamentaux du jeu. Mis à part une bonne tenue en mêlée, rien n’a fonctionné. Nous sommes tous responsables, moi le premier. Il va falloir se remettre en cause, revoir l’attitude et revenir aux fondamentaux.

Jean-Paul Barriac

(président de Rodez)

Que dire après un tel match ? Je n’ai pas vu de combat où nous avons été défaillants. On a fait trop de fautes. Nous devons savoir nous adapter aux conditions climatiques. Nous savions qu’avec le temps pluvieux, Saint-Sulpice nous proposerait ce type de rugby rugueux auquel on n’a pas su répondre.

Victor Labat (coentraîneur de St-Sulpice)

Il était important que les gars sortent de ce principe qui veut que l’on perde à l’extérieur. C’est fait, nous gagnons à Rodez et nous valorisons nos bons matchs à domicile. Les joueurs ont proposé un rugby homogène sur la base de valeurs, d’un bon placement tactique.

Damien Denechaud (coentraîneur St-Sulpice)

On était venu pour faire un truc à Rodez. En marquant un essai rapidement, on a gagné en confiance et Rodez en a perdu.